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Yannick Noah

Yannick Noah : « J’ai l’impression que j’ai un rôle à jouer »

 

La personnalité préférée des Français est en tournée* dans toute la France depuis le 2 mai. L’occasion pour lui de nous parler de son album « Charango », du partage, de sa famille, de ses racines. Rencontre avant ses concerts parisiens (du 4 au 10 juin au Zénith).

Comme on pouvait s’y attendre, la tournée est un succès !
La scène c’est le cadeau ! Du premier jour où je travaille sur les maquettes jusqu’au dernier jour des répétitions, tout ce que je fais c’est pour monter sur scène, jouer pour les gens, avec les gens. Dans ma vie, il n’y a pas plus fort que d’être dans la loge et d’entendre les gens chanter en t’attendant.

C’est comparable à ce que tu as vécu en tennis ?
Le concert, ça dure deux heures, tu regardes les gens, tu joues pour eux. Je dirais que c’est plus doux que le tennis où cela se passe sur un point ou deux. C’est violent mais court. Mon problème est que j’avais tellement envie de donner aux gens quand j’étais sur le court que j’en oubliais mon plan de jeu. Ca m’a coûté quelques matches d’ailleurs…

C’est aussi ça qui t’a donné un tel lien avec le public, non ?
C’est évident. J’étais un des leurs, j’étais sur le court pour eux. Aujourd’hui, en musique, c’est la même chose. Et je l’avoue : je chante, car au-delà de faire de la musique live qui est un truc de dingue, c’est une thérapie.

Tu te livres d’ailleurs comme jamais tu ne l’avais fait dans ton album « Charango ». Tu en avais besoin ?
Ca fait six ans que je travaille avec la même équipe. La première fois, l’évidence était de parler des racines, la rencontre Franco-Camerounaise, l’or noir, les textes français sur des rythmes africains comme « Simon Papa Tara ». Après, dans l’album suivant, j’ai parlé de mon énergie, raconté d’où elle venait, en quoi je croyais, sans me dévoiler totalement. On s’est alors retrouvé au Népal.
Et puis là, on s’était dit que c’était l’occasion de se dévoiler un peu plus. Je parle plus de moi, de mes sentiments, de mes envies, des moments à moi, des mes gamins. Quand je parle de ça, j’ai l’impression de parler à tous les parents, des gens de ma génération et à leurs enfants.

Pourquoi avoir appelé ton huitième album « Charango » ?
Quand j’étais petit, je jouais au tennis bien sûr, mais je trippais sur les chanteurs ! Au Cameroun, ma mère écoutait sa musique française, ça lui rappelait les Ardennes. Elle avait cette mélancolie, ce manque du pays, c’était plus que de la musique. Papa, lui, c’était la musique fiesta ! Et puis maman écoutait aussi un groupe de la Cordillère des Andes, il y avait toujours du charango, un son de guitare et mandoline. C’était trippant, le voyage ultime ! Donc, quand on s’est retrouvé avec des mélodies sur lesquelles on pouvait mettre du charango, on s’est dit qu’on allait aller plus loin : faire des vidéos, trouver des musiciens et faire le voyage. Quand j’entends jouer ça, c’est un peu de mon enfance qui ressurgit.

 

Tu évoques le Cameroun. Trouves-tu le temps d’y retourner ?
Je me dis qu’on ne peut pas tout avoir. Il y a plein de choses que j’aimerais faire, mais c’est impossible de tout faire. Je n’y vais pas souvent, mais aujourd’hui, j’ai la vie que je veux. J’ai de la chance, je suis libre, je fais plein de choses. Ici, en France. Un jour viendra où on n’aura plus besoin de moi, mais j’ai l’impression que j’ai un rôle à jouer. J’ai deux ou trois choses à régler avant la retraite !...

 

* Retrouvez toutes les dates de concert de Yannick Noah sur www.yannicknoah.com

Propos recueillis par Jules Bersin

 

Article globale illustré dans le magazine "e-France Magazine"

Rebecca Hampton | Emma Daumas

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